Jardin de mémoire · Patrimoine protégé · Belfort
Square du Souvenir à Belfort : lire le jardin, le monument aux morts et ses sculptures
Comprendre l'ancien champ de foire devenu jardin de mémoire, le monument de 1924, le Poilu, le Gaulois mourant et l'inscription de l'ensemble, puis préparer une visite respectueuse avenue Foch.
Réponse directe : que voit-on au Square du Souvenir ?
Le Square du Souvenir se trouve avenue du Maréchal Foch à Belfort. C'est un jardin de mémoire aménagé sur un ancien champ de foire autour d'un monument aux morts de la Grande Guerre, et non un simple parc décoratif. Le ministère de la Culture décrit un monument inauguré en 1924, un second monument du Poilu installé en 1928 et une sculpture plus ancienne appelée le Gaulois mourant. Le jardin, les grilles, les portails et les œuvres forment un ensemble inscrit au titre des monuments historiques depuis le 25 avril 2022.
On peut y faire une halte de promenade et lire la composition paysagère, sous réserve des accès réellement ouverts et de toute cérémonie ou intervention. L'endroit demande une attitude adaptée à sa fonction commémorative. Le guide ne promet ni visite guidée permanente, ni accès libre à toute zone, ni présence de chaque sculpture au même emplacement le jour venu : des restaurations peuvent déplacer temporairement une œuvre.
Pour arriver en train, le catalogue CapVirée annonce 546 mètres entre points depuis Belfort-Ville. Ce chiffre n'est pas un cheminement piéton, un temps de parcours ou une qualification d'accessibilité. Repérez l'entrée effectivement ouverte sur l'avenue Foch et le trajet réel depuis votre gare. Le square de la Roseraie, au nord, est un autre jardin et répond à une autre intention de visite.
De l'ancien champ de foire au lieu de mémoire
La notice POP situe le square à l'est de la Savoureuse, dans le quartier Carnot, à l'entrée d'un ancien faubourg de la ville fortifiée. Le terrain avait servi de champ de foire. Après la Première Guerre mondiale, la commune choisit en 1920 d'y créer un lieu dédié au souvenir des morts. Le ministère mentionne 1 056 Belfortins morts pour la France. Cette décision transforme un espace d'échanges et de rassemblement en paysage civique.
Un concours national départage les projets. La notice du ministère relève 31 candidats, une exposition des propositions et des débats dans la presse locale. Le projet de l'architecte Albert Le Monnier et du sculpteur Georges Verez est retenu. Ces étapes expliquent que le monument et le jardin aient été pensés ensemble plutôt qu'additionnés au hasard au fil des décennies.
La Ville résume la création du square à la fin des années 1920 ; POP détaille deux phases d'aménagement entre 1925 et 1928. Belfort Tourisme indique un jardin aménagé de 1925 à 1927. Les dates ne se contredisent pas nécessairement : elles peuvent viser le cœur du dessin puis ses compléments. Le monument principal précède le jardin achevé et la composition continue après son inauguration.
Un monument de 1924 qui met la Victoire en mouvement
Le monument principal a été conçu par Albert Le Monnier et Georges Verez. POP le décrit haut de 11 mètres et inauguré en 1924. Son concours demandait d'éviter un caractère funéraire : les noms des morts n'y apparaissent pas. La composition privilégie une allégorie de la Victoire et des figures en mouvement. Lire cela ne retire rien au deuil ; cela explique le langage officiel choisi à Belfort dans l'après-guerre.
Cette iconographie se comprend dans une ville frontière marquée par plusieurs sièges et par le conflit de 1914-1918. La notice patrimoniale précise que la composition cherche une relation visuelle avec le Lion de Bartholdi. Les deux œuvres ne datent pas du même événement et ne racontent pas la même histoire, mais le projet de 1920 a voulu inscrire le nouveau monument dans un paysage symbolique belfortain plus ancien.
Pour observer, commencez par la silhouette générale, puis rapprochez-vous des figures sans toucher le monument. Demandez-vous ce que la hauteur, l'allégorie et l'absence de liste nominative communiquent. Si vous cherchez les noms ou le contexte individuel d'un soldat, ce monument n'est pas à lui seul un répertoire biographique ; il faut consulter des sources d'archives adaptées.
Le Poilu et le Gaulois mourant : deux histoires différentes
POP indique qu'un second monument, le Poilu, est installé à l'entrée du square en 1928. Léon de Leyritz en est le sculpteur, et le socle prend la forme d'un banc invitant à la méditation. Cette œuvre rend hommage à une figure de combattant ; elle ne doit pas être confondue avec la grande allégorie de 1924. La fiche touristique la décrit comme un bronze de 2,10 mètres.
Le Gaulois mourant est une sculpture de Léon-Alexandre Delhomme, artiste du XIXe siècle. La Ville explique qu'elle avait été achetée par l'État en 1870, présentée au musée de Belfort en 1874 puis installée dans le square en 1929. Elle a donc une histoire propre, antérieure au jardin et à la Première Guerre mondiale. Son insertion dans le lieu ajoute une tonalité de douleur à la composition sans en faire une création commandée pour le monument de Verez.
Une publication municipale de 2020 annonce le déplacement du Gaulois mourant pour restauration à l'hôtel du Gouverneur. C'est un état daté du chantier, pas une preuve de son emplacement en 2026. La notice POP inclut toujours cette œuvre dans le périmètre protégé du square ; pour savoir si elle est visible le jour de votre passage, suivez la signalisation sur place ou demandez une information récente à la Ville.
Lire le jardin autant que les sculptures
Le square n'est pas seulement un socle pour des statues. POP décrit une composition régulière autour du monument et des allées plus libres vers les bords. La Ville insiste sur le tracé symétrique, la sobriété et les arbres anciens. Ces deux lectures se complètent : le centre donne une perspective cérémonielle, tandis que les franges permettent une promenade plus paysagère.
Belfort Tourisme évoque massifs, parterres, bosquets et pelouses. Leur aspect dépend des saisons et de l'entretien. Ne présentez pas la photographie d'un massif fleuri comme l'état permanent du lieu. Même en saison peu végétale, les allées, les grilles, les portails et les vues sur les œuvres permettent de comprendre la conception du square.
Un itinéraire simple consiste à observer l'entrée et le Poilu, à avancer vers le monument principal, puis à comparer l'axe régulier aux chemins périphériques. Faites-le sans franchir de massifs ni occuper un espace réservé à une cérémonie. Si une partie est fermée, l'ensemble peut rester intelligible depuis un autre chemin ouvert ; aucune barrière ne doit être contournée pour compléter une photographie.
Que protège l'inscription au titre des monuments historiques ?
La notice PA90000017, mise à jour en avril 2026, indique une inscription par arrêté du 25 avril 2022. Elle couvre le square en totalité, y compris grilles, portails, monument de la Grande Guerre, Poilu et Gaulois mourant, dans un périmètre cadastral précis. Il ne s'agit pas seulement de protéger la grande statue en isolant le reste du jardin.
Une délibération municipale de 2024 a envisagé une procédure de classement supplémentaire. Cette démarche ne doit pas être prise pour une décision acquise : la notice officielle consultée indique toujours « inscrit MH ». Employer les mots inscription et classement de façon interchangeable efface une distinction administrative réelle. Pour l'état en vigueur, la notice POP reste la source à relire.
La protection explique l'intérêt patrimonial reconnu de l'ensemble ; elle ne renseigne pas les horaires, les travaux du jour ni l'état de chaque allée. Elle n'autorise pas non plus à entrer dans une zone fermée. Le visiteur peut comprendre l'architecture du lieu en respectant les panneaux et les usages de recueillement, sans traitement privilégié.
Une halte depuis la gare sans confusion de parcours
Le square est une étape possible dans une sortie à Belfort depuis la gare Belfort-Ville. Le catalogue régional donne 546 mètres entre coordonnées. Avant de partir, vérifiez la sortie de gare, les traversées de chaussée, l'entrée du square et l'heure de retour. Pour une personne ayant besoin d'un chemin sans marche, la distance géométrique et le caractère de jardin public ne suffisent pas à qualifier le trajet ou les allées.
Associez éventuellement la halte à la Vieille Ville ou à un seul autre monument. Le Lion de Bartholdi explique une partie du dialogue symbolique décrit par POP, mais son accès relève de la Citadelle et d'autres conditions. Ne transformez pas cette relation visuelle en promesse d'un circuit continu sans montée. Un passage court au square peut déjà répondre à une intention de mémoire.
La Roseraie Carlos-Bohn répond davantage à une promenade horticole, avec une floraison variable ; le Square du Souvenir est un ensemble commémoratif. Ces jardins peuvent partager une journée, mais ils ne sont ni interchangeables ni forcément proches selon le départ choisi. Choisissez d'abord le sens de votre sortie, puis calculez les déplacements réels.
Questions fréquentes pour une visite respectueuse
Le square est-il un cimetière ? Non : la notice décrit un jardin et des monuments commémoratifs. Le monument principal ne porte pas la liste des morts. Peut-on y voir le Gaulois mourant ? Il appartient au périmètre protégé, mais une restauration a entraîné un déplacement annoncé en 2020 ; sa présence actuelle doit être constatée ou confirmée. Le Poilu est une œuvre distincte à l'entrée selon les sources patrimoniales.
Faut-il un billet ? Les fiches consultées présentent un square urbain, sans billetterie publiée pour une promenade ordinaire. Cela ne garantit pas tous les accès pendant une cérémonie, des travaux ou une fermeture exceptionnelle. Consultez les informations municipales et respectez les restrictions en place. Une visite guidée éventuelle relève de son organisateur et de son calendrier propre.
Le monument est-il classé ? La notice officielle indique l'ensemble inscrit au titre des monuments historiques en 2022. Une proposition de classement mentionnée dans un document municipal de 2024 n'est pas une confirmation de classement. Pourquoi le jardin date-t-il d'après le monument ? Le monument est inauguré en 1924, puis le square est aménagé en phases jusqu'en 1928.
Sources, responsabilité éditoriale et révision
DOHM a publié et relu ce guide le 26 septembre 2026. La notice du ministère de la Culture fonde les auteurs, la chronologie, le dessin paysager et le statut de protection ; la Ville et Belfort Tourisme confirment la destination mémorielle et l'avenue Foch. L'annonce municipale de 2020 n'est utilisée que pour signaler une restauration passée, pas pour déterminer l'emplacement actuel du marbre.
La prochaine relecture est fixée au 26 octobre 2026, plus tôt si POP modifie le statut de protection ou si la Ville publie l'emplacement du Gaulois mourant et des règles d'accès nouvelles. Les cérémonies, la végétation et les cheminements peuvent changer plus vite que l'histoire du site. Aucune accessibilité complète ni visite guidée permanente n'est revendiquée.
Le guide reste utile sans l'application : il sépare le monument de 1924, le Poilu de 1928, l'œuvre de Delhomme, le jardin et leurs sources. Il donne aussi une méthode de visite sobre : lire l'ensemble, vérifier les accès présents et respecter la fonction de mémoire.
Sources
- Square du Souvenir et monument aux morts — PA90000017 · Ministère de la Culture, POP · vérifié le 26 septembre 2026
- Square du souvenir · Belfort Tourisme · vérifié le 26 septembre 2026
- Parcs, jardins et squares · Ville de Belfort · vérifié le 26 septembre 2026
- Une statue du Square du Souvenir en restauration · Ville de Belfort · vérifié le 26 septembre 2026
- Campagne de protection des monuments commémoratifs · Ministère de la Culture, DRAC Bourgogne-Franche-Comté · vérifié le 26 septembre 2026
- Catalogue régional Bourgogne-Franche-Comté · CapVirée — snapshot DATAtourisme qualifié · vérifié le 26 septembre 2026